01 – Involution : nos limitations

Voici la diapo présentée lors de l’émission du 21 septembre 2026

Que pouvons-nous enclencher en nous pour évoluer ?

Parfois, je reçois des informations sans les avoir pensées préalablement. Ces informations arrivent en « paquet », et je dois passer au temps linéaire pour les dérouler afin d’avoir connaissance de tous les détails. C’est l’exercice qui va être fait maintenant.

J’étais en voiture, je ne conduisais pas, je laissais mon regard aller sur le paysage qui défilait. Puis, tout d’un coup, j’eus la vision d’êtres humains courbés sous une empilade de lourds « couvercles » qui les tassaient, limitant leurs mouvements, voire les immobilisant. J’ai aussitôt compris que ces couvercles nous fragilisent, nous rapetissent, nous rendent impuissants, alors que nous n’en avons pas la conscience. Pour autant nous nous sentons mal dans notre peau.
Je me suis alors attachée à observer quels étaient-ils.
Que sont ces différents « couvercles » que nous avons au-dessus de nos têtes, qui nous rabaissent, nous enferment dans cette « marmite » de l’incarnation, et que nous devons nous attacher à enlever un à un pour connaître une évolution libératoire, d’abord individuelle avant de devenir collective ?
Indéniablement nous sommes dans une matrice d’existence dans laquelle nous naissons et mourrons en plus ou moins bon état physique et psychique. Les actions de notre vie sont largement répétitives et cycliques. Les mêmes schémas d’existence se retrouvent chez des personnes différentes. Ce qui semblerait signifier que nous sommes « enfermés » dans cette matrice qui fixe les fondements, les structures de ce qu’est une vie humaine. J’ai donc visualisé ceci comme une série de couvercles d’enfermement qui pèsent sur notre psyché : tel couvercle provoque tel phénomène, tel autre, tel autre phénomène. C’est comme une mécanicité à l’œuvre qui influence notre libre-arbitre. Dans ces conditions en jouissons-nous réellement ? J’en doute.

Examinons maintenant la teneur de ces différents couvercles qui concernent notre fonctionnement psychologique et nous étouffent, nous emprisonnent. Ils sont autant d’amoindrissement de notre intelligence réelle et de notre pouvoir créatif.

1 – La perte de mémoire de qui nous sommes avant notre toute première incarnation. Je me suis toujours dit que lorsque nous naissons puis grandissons, on ne nous donne pas le mode d’emploi de l’être humain que nous sommes devenus. Les premiers apprentissages ne sont pas faciles à vivre et dépendent de la qualité des parents qui nous accueillent avec joie ou pas, ainsi que de celle de leur propre éduction. Puis vient la tempête hormonale de la puberté, puis l’entrée dans le monde des adultes alors qu’il nous manque encore de nombreuses clés, puis les premières amours plus sérieuses, des enfants à élever à notre tour, un travail à trouver et à exercer, en fait, tout une série sans fin de problèmes à résoudre. Bref, on doit tout découvrir à chaque fois ! Pourquoi je pleure ? Pourquoi j’ai mal ? Pourquoi mes parents sont morts alors que je suis encore tout petit ? Pourquoi je suis abandonné ? Pourquoi je ne comprends rien à ce qui m’arrive ? Pourquoi je pense tout le temps ? Pourquoi personne ne m’aime ? C’est sans fin. Cette perte de mémoire de qui nous sommes en réalité est un sacré handicap nous limitant car nous forçant à chercher en permanence un équilibre dans notre vie, ce qui consomme beaucoup d’énergie vitale.

2 – L’ignorance. Engendrée par cette perte de mémoire, l’ignorance de qui nous sommes en réalité engendre à son tour tout ce qui s’enchaîne dans nos vies et nos civilisations. L’incarnation dans la matière reste mystérieuse pour nous. Qui s’incarne ? Qui sommes-nous avant d’être incarnés ? Qui pense en nous ? Nous sommes dans l’ignorance complète de ce que l’on ne sait pas de manière infuse. De grands mystères dominent notre psyché qui ouvrent la voie à une quête sans fin auprès de philosophies, psychologies, religions, sociétés secrètes, occultisme, spiritualités diverses qui tentent d’apporter des réponses en nous demandant d’avoir la foi, de croire aux dogmes, d’obéir aux rites, etc. Pour autant, nous ne savons toujours pas de manière indubitable, au-delà de toute croyance, qui nous sommes et qui a créé notre âme et notre esprit   

3 – La limitation du spectre de nos sens. Elle nous maintient dans l’ignorance de la réalité. En effet, nous n’avons qu’une toute petite fenêtre de perception de ce qu’est la réalité, donc on a tout faux lorsque l’on ne croit que ce que l’on voit ! Ce point sera d’avantage développé dans d’autres écrits.

4 – La structure psychologique émotionnelle. Bien qu’elles soient un indicateur précieux de notre dysfonctionnement psychologique pour enclencher notre travail intérieur, les émotions sont une sacrée limitation à notre intelligence et à notre clairvoyance. Beaucoup de décisions prises lorsque nous sommes en proie à une forte émotion sont stupides et pas à notre avantage. Cette structure psychologique nous fait baigner dans un monde de subjectivité : j’aime/j’aime pas, je suis d’accord/pas d’accord, c’est bien/c’est mal, c’est beau/c’est laid. C’est le jugement duel subjectif d’une situation, il entache donc la réalité. Ce qui est vrai pour quelqu’un ne le sera pas pour une autre personne. C’est le débat sans fin d’opinion, or en regardant finement l’opinion, nous pourrons observer qu’elle prend naissance dans une émotion, donc dans un jugement subjectif. Déjà que nos sens sont limités, si nous rajoutons une évaluation subjective d’un évènement, nous nous éloignons encore plus de la réalité des faits.

Enfin, l’émotion la plus limitante pour nous est la peur, ou la crainte. Notre champ des possibles est entièrement réduit par la peur. Elle nous fait prendre des décisions absolument stupides, non créatives. Nous subissons la situation, nous sommes paralysés, nous obéissons aux ordres par peur. Ainsi notre structure psychologique émotionnelle nous réduit, nous amenuise, couvercle bien difficile à soulever tant les émotions nous affectent et nous font perdre une partie de notre énergie vitale. La peur est la mère de toutes les émotions ! Nos prédateurs connaissent bien l’effet de la peur sur l’être humain, alors ils y vont gaiement ! Un jour j’ai réalisé que 99,9 % de mes peurs n’aboutissaient jamais à rien. Je ne vivais aucun évènement fâcheux. J’ai réalisé que je me pourrissais la vie. C’est stupide, non ? Par contre, j’ai aussi expérimenté que lorsque je suis dans une situation présentant un danger, j’agis avec vivacité, intelligence, créativité et règle le problème sans panique. Je possède donc une intelligence et une force intérieure qui s’active quand j’en ai besoin.

5 – L’orgueil. Face à ces limitations qui amenuisent l’être humain, l’orgueil est une compensation à notre faiblesse psychologique pour faire croire que nous sommes (malgré tout) intelligents. L’orgueil est une maladie du fonctionnement mental puisqu’il empêche d’être connecté à la réalité. Ce couvercle est difficile à percevoir et donc à lever. Parce que l’orgueil est se prendre pour qui l’on n’est pas en réalité. Il se crée alors un nouveau biais de perception de la réalité, de la perception de qui l’on est réellement car on ne le sait pas, puisque nous sommes ignorants de notre origine, et que notre vision a un spectre très limité.

6 – Les croyances. Alors là nous arrivons dans le dur ! Une croyance n’est pas la réalité, elle aveugle donc notre intelligence, notre discernement. Déjà que notre vue possède un spectre limité, avec nos croyances, là c’est le bouquet ! Elles sont soutenues par la subjectivité, le conditionnement, les manipulations, l’éducation… Les croyances sont vicieuses car elles commandent intégralement le fonctionnement psychologique et les conséquences créées confortent ces croyances. C’est un sacré cercle vicieux ! En effet dans cette matrice d’existence avec ces différentes limitations qui nous touchent, nous vivons des expériences les unes derrières les autres qui valident nos croyances. Par exemple, une personne peut avoir la croyance que « c’est tous des voleurs ». Elle fera tout pour protéger sa maison avec des alarmes, malheureusement, elle fera l’expérience d’un cambriolage, ce qui viendra conforter que « c’est tous des voleurs ».  Il en faudra du temps et du travail sur soi pour inverser ce processus et arriver à voir qu’en évolution l’expérience invalidera la croyance. De plus nos propres croyances issues de notre expériences de vie sont alourdies par les idéologies dominantes ou encore par telle ou telle valeur dominant la société dans laquelle nous vivons. 

7 – La naïveté. Celle-là va avec la croyance. Nous croyons que l’autre nous veut du bien par exemple, surtout notre gouvernement, notre professeur, notre médecin. Nous ne possédons pas un détecteur de mensonge dans notre structure mentale. Alors nous sommes obligés de faire des suppositions qui nous arrangent pour nous protéger car nous avons peur. Ainsi la naïveté nous conduit dans des voies sans issues, en politique par exemple, si l’on croit les promesses de celui qui se présente avec un programme que nous croyons être le bon. La naïveté nous fait imaginer que nous sommes faits pour telle ou telle profession que nous avons embellie, comme devenir un soldat pour défendre la patrie, ou policier pour protéger les citoyens. Les exemples sont multiples, dès lors que nous sommes influençables, et croyons par naïveté n’importe quel discours d’un apprenti guru. En même temps qu’être naïfs, nous sommes impressionnables, influençables et manipulables, autant d’attributs limitants qui amenuisent la perception de qui nous sommes en réalité.

8 – Le goût du pouvoir. Il résulte de cette construction de personnalité amenuisée. En réaction, l’envie de domination se manifestera pour vaincre ses peurs, vouloir dominer l’autre, les autres, une entreprise, les marchés financiers, d’autres peuples, d’autres territoires, d’autres pays. Celui qui a peur, qui est naïf et impressionnable, se laissera dominer renforçant le pouvoir du prédateur. Certaines personnes ont avoué « avoir voué leur âme au diable » en échange du succès, de la richesse et du pouvoir de domination dans un domaine donné. Cela a bien fonctionné. La pollution psychique du goût du pouvoir est telle que peu importe les conséquences futures. C’est fou tout de même d’être aussi inconscient ! Nous devons réaliser l’impact énorme sur la nature humaine de ceci. Il en résulte une perversion du corps biologique qui devient impotent psychologiquement en manifestant ce que l’on appelle la psychopathie, la perversité, le sadisme, la cruauté. Se reporter aux recherches d’Andrew Lobaczewski.  Le goût du pouvoir est un couvercle très puissant sur celui qui l’éprouve.

9 – L’inconscience. Elle résulte de cette mise sous couvercles. En effet, cet emprisonnement sous d’importantes couches nous ôte toute conscience. Bien sûr nous avons conscience d’exister, de ressentir, de vivre des émotions, mais est-ce uniquement cela la conscience ? Être conscient est une tout autre histoire. Et d’abord conscient de quoi ? De la réalité, et je dirai en premier lieu être conscient de la propre ignorance de qui nous sommes en réalité au-delà du corps biologique ; conscient que nous loupons une immense partie de l’information selon laquelle on comprendrait ce qu’est l’univers, ce que sont les lois de l’énergie, de la vie, ce qu’est l’esprit, l’âme, l’ego…
Notre nature psychologique porte des caractéristiques qui nous affaiblissent. Nous sommes influençables, manipulables et impressionnables sans nous en rendre compte. Notre perception de la réalité est donc biaisée.

Voici donc une description de l’information que j’avais reçu en bloc, et qu’il m’a fallu décrypter ensuite. Elle montre, en partie, ce qui nous empêche de nous libérer réellement et qui finalement dépend de nous. Est-ce cela que certains appellent l’éveil ou le réveil ? Je ne sais pas ce qui se cache derrière ces expressions pour chaque personne qui en parle. Pour ma part, c’est par soi-même que passera cette ouverture de conscience que j’appellerai une libération avant tout de notre territoire psychique.

Sabine Becker
le 18 septembre 2026

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